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Le cas de   Sukleen et Ogero

Lors de nos pérégrinations montagnardes les compagnies privées chargées respectivement des poubelles et des cabines de téléphones sont devenues quasiment suspectes   pour moi. Pourquoi ? Du fait de leur OMNIPRESENCE.   Partout où nous allons, nous trouvons une poubelle Sukleen ou une cabine téléphonique quasiment neuve, et ce, du plus petit village à la plus grande bourgade : devant les anciennes bâtisses occupées par les forces militaires, en face des immeubles en constructions, devant les nouvelles villas, partout Sukleen. Et ça ne rate pas, au centre de chaque village, une cabine téléphonique Ogero . Les sociétés privées sont décidemment efficaces.

Le panoramique à toutes les sauces

Des photos panoramiques à n'en plus finir. Il faut dire que dans la montagne libanaise, à chaque vingt mètres, vous tombez sur une vue de carte postale.   Qui dit belle vue dit   poste de surveillance. Qui dit belle vue dit aussi pique-niques avec toute la pollution que cela implique : sacs, verres et bouteilles, le tout en plastique bien sûr... Il paraît que la durée de vie du plastique est de 400 ans.   Cela dit, les panoramiques permettent d'inspecter de loin toutes les constructions qui se font. Et il y en a beaucoup. Des immeubles, des villages entiers, construits en béton, que l'on voit au loin.   Ils se ressemblent tous.

Karaoké

À côté d'une base de l'armée libanaise, qui ressemble à un décor de télévision pour apprenti Indiana Jones, un grand poster du Hakim. Samir Geagea est photographié de manière quasi mystique. Il semble regarder vers l'au-delà ; la lumière et les couleurs blanchâtres de l'image coïncident avec un certain type d'iconographie religieuse. En face, une autre pancarte annonce une « Karaoke Night. Join us Wednesday, September 7th. $10 ».

Jeune homme marchant dans un terrain miné

Il n'y a qu'au Liban que cela peut exister. Encore un peu, on y ferait venir des touristes étrangers pour les impressionner du courage mais aussi de l'inconscience des libanais. Moi qui avais peur des mines, me voilà devant un terrain soi-disant miné, avec un homme qui marche dedans. Le propriétaire de la nouvelle villa Yasmina qui se trouve juste en face, devait lui aussi savoir qu'il n'y avait plus de mines.

Les mines sont une mauvaise introduction à Souk al Gharb qui, bien qu'ayant servi de champ de bataille pendant la guerre, semble avoir repris un cours plus au moins normal.   En aval de la ville, les grands immeubles sont criblés de balles, mais une fois arrivé au centre, vous êtes dans une ville modèle. On se croirait presque dans un décor de cinéma, tellement le poste de police, le vendeur de manakiche, la municipalité et les marchands de bric-à-brac paraissent authentiques.